COLETTE FOURNIER AU GRAND PALAIS A PARIS
**********
Comme
chaque année, la rentrée s'est faite au Grand Palais,
sous la bannière de Figuration Critique. Pour ses quinze ans,
ce Salon créé en 1978 par Mirabelle Dors
Présidente et Maurice Rapin Secrétaire
général, a changé de formule : plus de lecture
qui, les années précédentes permettait d'aller
d'un artiste à L'artiste esthétiquement proche par la
couleur ou la conception figurative. Mais des petits parcours
entrecoupés d' " espaces " où des "couples"
peintres/sculpteurs présentaient un nombre plus important
d'uvres.
C'est dans ce contexte que Colette Fournier, après une importante exposition estivale à La Galerie "Du Point à La Ligne" à Ajaccio, présentait pour la première fois son travail sous la célèbre verrière.
Tous les amateurs d'art ont pu admirer ses personnages obèses, peints dans d'inimitables tons de bleus à la fois glacés et doux, ce qui n'est pas le seul paradoxe de cette uvre de très haute qualité picturale : la plupart du temps assis côte à côte, ses personnages vraisemblablement masculins (mais ce n'est pas sûr) sont toujours saisis à l'ultime seconde où ils passent de l'immobilité au mouvement. Ils sont sans visages : L'artiste désire leur imposer silence, emprisonner " leurs expressions, car un visage vide, c'est la liberté ". Peut-être mais leurs corps " parlent ", et il est facile pour le spectateur de distinguer le coquin du cupide ; celui qui fait des confidences à son voisin, du soucieux ; etc. Toutes ces nuances sont rendues par le travail sur la couleur ! Un remarquable tour de force !
Au cours de ce kilomètre culturel que représente le
balcon du Grand Palais, la "série" de Colette Fournier, bien
étalée sur " son " espace, a vraiment
créé la surprise. Tous les commentaires qui m'ont
été faits, sachant que je connaissais l'artiste, et
ceux, anonymes que j'ai pu surprendre au cours de mes visites, ont
porté sur la remarquable qualité esthétique des
uvres, sur la technique très professionnelle de leur
auteur, sur la façon dont ces-visages-vides-si-expressifs dont
j'ai parlé plus haut, prenaient les visiteurs à partie.
Quelqu'un a même évoqué " Les époux
" semblablement sans visages de Chirico, ce qui n'es pas une
mince référence !
Il faut vraiment se réjouir de ce que Colette Fournier, à l'instar des quelques artistes insulaires ayant réussi leur migration extra-muros, ait su imposer son travail parmi les meilleurs d'une confrontation de quelques deux cents artistes plasticiens de niveau international.
Un catalogue de haute tenue esthétique, complétait comme chaque année Le Salon. Il était cet automne co-financé par Figuration Critique et La Fondacion Santillana (Espagne) : C'est que Figuration Critique, mondialement connu, orne périodiquement les cimaises des plus grands musées français et étrangers. Au printemps dernier, le Salon a connu à Santillana-del-Mar, un immense succès. Déjà invitée, Colette Fournier n'a pu y figurer pour cause de retard des transports aériens !
J'attends impatiemment de constater l'impact produit par l'uvre de 4m x 3m qu'elle a promis d'exposer au Salon 94 de Figuration Critique !
Jeanine Rivais.
CE TEXTE A ETE ECRIT A L'AUTOMNE 1993, APRES LE SALON EVOQUE ET UNE VISITE A L'ATELIER DE L'ARTISTE.