
Discussion public-artistes. Et le jury en action.
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Passons sur l'angoisse bien compréhensible des responsables qui, plus encore que lors de festivals déjà rôdés, a précédé le premier Grand baz'Art à Bézu. Et venons à l'historique de l'aventure :
Une fois prise la décision de proposer cette manifestation, il a fallu, avant toute avancée, en fixer les définitions :
** Héberger et nourrir gratuitement les artistes.
** Trouver une façon originale d'exposer les uvres.
** Convaincre les officiels locaux et régionaux de l'impact possible de cette manifestation, susciter leur curiosité et subséquemment les faire participer au financement.
** Convaincre la presse que ce festival serait d'une grande importance pour la région puisqu'il serait sans précédent en Normandie.
** Motiver la population pour qu'elle devienne partie prenante de cette exposition.
** Convaincre enfin le public de l'originalité des artistes exposants venus parfois de très loin (USA, Espagne, Pologne, quatre coins de France) et de l'intérêt à découvrir leurs uvres dont (comme il vient d'être dit) personne, jamais, n'avait parlé dans la région.
Le festival terminé, qu'en est-il ?
*** L'organisation matérielle de tous les aspects inhérents à ce genre de manifestation a été presque parfaite (le " presque " concernant la signalétique qui était insuffisante).
*** L'hébergement a été assuré par les habitants dans la plus grande convivialité. Tous les artistes ont été enchantés de l'accueil reçu de leurs hôtes, des relations amicales qui se sont amorcées.
Un exemple de plat servi au déjeuner.
*** Les repas préparés par des bénévoles de Bézu Saint-Eloi ont été copieux, goûteux, servis avec gentillesse, jusqu'au dernier soir.
*** Les uvres ont été installées sur des panneaux de bois de couleur chaude, qui les mettaient vraiment en évidence. Chaque artiste disposait de sept mètres linéaires. Et la disposition en quinconce faisait que chacun était placé tout à fait séparément des autres exposants.
Des
" évènements " ont animé ces journées :
Un Prix du public. Sept prix du jury : outre le " Prix spécial
" attribué (et il l'a bien " mérité " !)
à Yvon Taillandier, invité d'honneur, pour qui l'on
avait étonnamment déroulé le tapis rouge, les
autres étaient tous égaux, ne différant que par
le thème : humour, tendresse, expression, psychologie,
couleur, mouvement : au total, neuf (puisque le Prix du public fit
deux ex-aequo) petits trophées de verre réalisés
par un verrier régional, récompensaient les artistes "
élus ".
Remise du Trophée humour.
*** La population s'est sentie concernée, aidant les organisateurs comme il a été dit ci-dessus. Les écoles, ainsi qu'un atelier d'aide aux handicapés mentaux, ont exposé des dessins.
Des
dessins d'enfants et de l'atelier.
*** A la quasi-unanimité, les officiels ont manifesté leur générosité, et ont, par leur présence, confirmé qu'ils avaient (pres-)senti l'importance du festival.
*** La presse a été active avant le grand jour. Mais peu présente au cours des deux journées où les artistes auraient voulu la voir. Haro sur FR3 qui, après avoir ameuté les organisateurs en annonçant sa venue s'est décommandée au dernier moment ! Tant pis pour des journalistes qui, encroûtés dans des manifestations traditionnelles, n'ont pas su vibrer à l'unisson de la nouveauté et de leur public.
*** Car le public était là, un millier de personnes au cours de ces deux journées : Des collectionneurs parfois étrangers, des visiteurs qui, ayant vu les annonces sur Internet, étaient venus de Belgique, d'Italie, de l'Aveyron Et " les gens ", aussi : amusés, étonnés, perplexes, choqués, enthousiastes Surpris surtout par la disponibilité des artistes, la simplicité avec laquelle ils répondaient à leurs questions Pas tout à fait prêts, pourtant à s'engager au point d'acheter les uvres les plus difficiles.
Mais nul doute qu'avec la pérennité probable du festival, ils en viendront à accrocher sur leurs murs les uvres si étonnantes qui leur seront, désormais, chaque année, présentées.
Bonne chance donc au Grand Baz'Art à Bézu. Et, à l'année prochaine.
Jeanine Rivais.